Entre deux eaux

FUITE AU NORD

Automne 2050:

Dans la chaleur du camp de Dante, un peu au sud de l’ancienne ville d’Orléans, une communauté de survivants de moins d’une centaine de têtes est en deuil.
Le vieux chef vient de mourir dans des conditions les plus douteuses.
Un jeune loup et sa bande s’empare du poste vacant. Il forme une milice pour faire régner l’ordre.
Ne souhaitant pas être servi à la sauce dictature, plusieurs groupes se forment et quittent en douce la communauté avant que l’ordre ne soit définitivement installé.

Notamment, Ben, Hamlet, Raël, Zooloo, Domi et Marc qui s’emparent d’un fourgon blindé (ancien véhicule de transport de fond) et partent dans la nuit en direction du nord.
Une rumeur court comme quoi il y a aurait un port en activité au nord de la France, vers Calais. De ce port partirait régulièrement un bateau pour emmener les survivants vers un endroit sûr, protégé de la vermine, sur une île, peut-être l’Islande.
On parle de militaires et de scientifiques humanistes.

Notre groupe s’accroche à cette rumeur et file au nord surtout que Domi, sur le siège passager pense savoir où passer pour éviter les grandes villes.

Malgré les connaissances de Domi sur l’itinéraire, la progression vers le nord est longue et très vite ils manquent d’essence.
Un soir, le fourgon s’arrête dans une station essence désaffectée pour essayer de gratter des fonds de cuves.
Des grosses blattes voraces surgissent par-dessous le camion et commence à s’immiscer dans l’habitacle; Marc démarre en toute blinde, Domi à son côté pendant que le reste du groupe s’enferme dans l’arrière du fourgon.

Après avoir roulé toute la nuit, le fourgon finira sa route embourbé dans un marécage.
Bien secoués et un fourbus Ben, Hamlet, Raël et Zooloo émerge de l’arrière, les pieds dans l’eau et découvre les cadavre de Domi et Marc à l’avant, à moitié bouffés par les blattes.

01_fourgon

LES PIEDS DANS L'EAU

Le fourgon est enlisé au milieu d’un immense marais et des blattes venimeuses circulent entre les sièges. Le groupe décide de sortir du marais en revenant sur les traces du fourgon vers le Sud.
Ils finissent par atteindre la terre ferme mais en plein territoire d’une fourmilière géante de fourmis rouges.
La nuit tombant, ils tentent quand même de planter leurs tentes sur du dur en lisière du marais en établissant un feu de camp.
Les fourmis attaquent pendant la nuit et ils fuient au nord à travers le marais où les fourmis rouges ne les suivent pas.
Au petit matin, ils aperçoivent une immense structure rouillée, sorte de grand vaisseau improbable pointant vers le ciel. Apparemment une espèce d’ancienne plateforme pétrolière en partie effondrée d’un côté.

A leur approche, un sniper embusqué dans un des pylônes métalliques encore debout leur tire dessus. Ils réussissent à s’en approcher malgré tout et même à tuer le sniper qui s’écrase au sol.

Dans sa cabane, située sur un des bords de l’îlot où repose la structure, ils découvrent un enfant apeuré. Visiblement, le sniper était son père. Il avait récemment perdu l’esprit suite à l’enlèvement récent de sa femme et de sa fille par une bande de pillards de passage.

Raël rassure l’enfant. Hamlet fouille et récupère du matériel mais pas assez pour fabriquer un radeau. Ben attrape des grenouilles. Zooloo trouve quelques plantes médicinales à l’entrée d’un bunker situé sous la structure effondrée.

02_structure

LA BÊTE

A la nuit tombée, le groupe s’installe dans la cabane.
Après un long entretien psychologique avec Raël, l’enfant sort de son mutisme et explose en sanglots.
Il leur explique que la nuit une bête énorme sort de dessous la structure, par l’entrée ouverte du bunker et vient chasser autour de la cabane.
Si elle ne rentre pas pour les dévorer, c’est par crainte d’une grosse salamandre qui dort dans l’enclos collé à la cabane derrière.
Lui, pour venger la mort de son père comptait ouvrir l’enclos pour que la salamandre s’en aille et que la bête vienne dévorer le groupe.

La nuit se passe bien mais l’homme de garde a bien observé la sortie de la bête qui semble être une nèpe de la taille d’une vachette.

Le lendemain, Ben décide de prendre l’enfant sous son égide et d’en faire un futur disciple de sa pratique des arts martiaux. Peut-être qu’il souhaite par là exorciser le fait d’avoir tuer son père la veille.

En dépit du danger, Hamlet et Zooloo prévoit de tuer la bête la prochaine nuit.

La nuit suivante, Hamlet prend la première garde et sûr de lui, il s’attaque à la bête avec son arbalète.
Quand il se retrouve en pleine nuit, dos à la porte de la cabane avec la bête en face de lui, dressant ses pédipalpes prêtes à frapper, seulement éclairée en contre jour par la lueur de sa torche mourante tombée au sol, il comprend son erreur.

Bientôt tout le groupe sera affairé à combattre sans relâche le fléau une bonne partie de la nuit.
Finalement, la cabane finie en partie détruite. Hamlet agonise au sol avec la gorge et le thorax déchirée mais vivant malgré tout.
C’est Raël qui aura eu raison du monstre grâce à un tir par derrière en plein dans ses entrailles.
Par sa lutte au bâton, manié comme dans les vieux films de kung fu, Ben aura lui aussi bien contribué à l’abattage.

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AUTOCHTONES

Alors que le groupe essaye de récupérer de la nuit tourmentée, un homme et son chien pointent leur museau sur l’îlot.
C’est un ermite qui se nomme Paco, marchand ambulant à ses heures.
Il vit à une trentaine de kilomètres à l’Est dans une cahute au milieu du marécage, actuellement gardée par son homme de main, un débile léger.
Après avoir fait ample connaissance, il leur explique la situation locale.

Au cours de la journé qui s’en suit, Zooloo utilise ses talents de soigneur pour rapiécer tant bien que mal Hamlet qui a une extinction de voix suite à ses blessures.

Ben et l’enfant, Charles, s’occupent de préparer un stock de protéines en chassant les grenouilles alentour.

En montant sur un pylône pour prendre de l’altitude, Raël remarque à une cinquantaine de mètres au sud de la structure, une motte avec quelques arbustes qui cachent une buse en béton chapeautée par une trappe d’accès métallique.

Raël, Ben, Zooloo et Paco s’y rendent avec deux cordes et des bougies.
Charles est au chevet d’Hamlet dans une tente montée à côté de la cabane.

L’accès, via une échelle à crinoline, mène à une salle humide délabrée. Un passage mène à un couloir sombre qui se dirige vers le nord.
Vraisemblablement, cette salle fait partie d’un ancien complexe militaro scientifique bâtie sous la grande plateforme métallique effondrée.

L’exploration est stoppée nette par l’arrivée de Charles qui leur explique affolé qu’Hamlet a repéré un véhicule au nord s’approchant de l’îlot.

Paco, les connaît, c’est des russes lourdement armés et ils ne sont pas tendre.

Raël et Ben avancent dans le couloir souterrain pour se cacher.
Les autres retournent sur l’îlot avec Charles et Hamlet, ils passent sous la grande structure métallique, entre les pylônes qui la soutiennent encore, et trouvent refuge en s’aventurant dans l’entrée principale d’où était sortie la bête la nuit précédente.

Les russes arrivent et stationnent sur l’îlot dans un véhicule massif.

Ils explorent les lieux, tuent la salamandre de l’enclos à l’AK47 et pillent la cabane.
Une de leur sentinelle s’engage sur la faible pente qui mène à l’entrée principale du complexe souterrain mais ne pousse pas plus loin l’investigation.

Finalement les russes repartent au nord à bord de leur véhicule.

Ben et Raël progressent dans les galeries souterraines et passent à travers une grande salle inondée à l’aide de cordes.
Puis ils tombent nez à nez avec trois nèpes de la taille d’un chien; sûrement les rejetons de la bête qu’ils ont tué. Ils en tuent deux, le troisième s’enfuit.
En forçant le passage entre les décombres, ils finissent par déboucher sur l’endroit où les autres s’étaient planqués.

Un campement sommaire fabriqué à partir de gravats permet au groupe de passer la nuit sous la structure à l’orée du repère de la défunte bête.

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DANS LA CAHUTE

Paco raconte…

Mon arrivée en fin de journée fut étrange car le groupe rencontré était bien loin d’être sur le qui-vive. Ils m’ont assez vite accepté et pourtant j’ai tout de suite dit la vérité sur le fait que, 24h avant, j’aurais pu tous les vendre aux Russes ; mais maintenant que je vois comment le groupe fonctionne je comprends pourquoi.
Il n’y a pas de leader, parfois l’un parfois l’autre, et les décisions sont donc prises un peu trop au hasard. A mon goût… ça craint.

Leur histoire c’est qu’ils viennent du Sud avec un camion et parlent de fourmis rouges dans une immense fourmilière. Leurs alliés à l’avant sont décédés et par peur pendant l’attaque de leur campement ils se sont engouffrés dans les marais. Quelle idée de camper aux abords des marais sans aucune protection à part peut-être le feu qui dit à tout le monde où tu es. Tombant plus tard sur la structure et le père qui les snipe, ils sont restés dans l’coin après l’avoir dégommé d’après ce que j’en ai compris et ce que j’ai pu observer.
Ils ne me mentent pas et j’crois pas qu’ils veulent omettre des trucs ce qui est PLUS qu’un bon point pour eux. En même temps le vieux devenait fou avec le temps, j’en avais presque peur pour Charles après le dernier échange.
En parlant du gamin il semble les avoir adopté surtout le plus athlétique du groupe mais, il y a un truc que j’comprends pas… ils veulent passer leur temps à s’entrainer.
Alors ouai, y’a des rumeurs qui circulent sur des camps de militaires et puis les autres tarés du Nord, les russes ou les Kingdom machin, ils doivent faire pareil j’imagine mais là… dans les marais… c’est pas la vie du coin quoi. Si ça peut leur permettre de tenir la forme et d’assurer mes arrières ça m’va mais on va pas pouvoir s’amuser à faire ça chaque jour !

On s’est enfoncé dans le bunker souterrain car paraît qu’ils avaient laissé des bonnes cordes sans avoir eu le temps de tout fouiller. En y allant j’étais pas serein car la vieille échelle était vraiment pourrav’ alors qu’eux en ont eu rien à foutre et sont descendus rapidement. Ils ont l’air d’avoir l’habitude et ça me rassure mais en étant quand même peu vigilant.
En fouillant ils sont tombés sur une grosse cisaille et des gants de sécurité.
Une des salles était bien fermée, avec un « pass » qu’ils ont dit les autres, et le militaire dont j’me souviens même pas du nom a fait le tour en passant par les anciennes bouches d’aération et a ouvert une salle de dingue. J’avais jamais vu ça. C’était vraiment propre à part tous les papiers malheureusement… de nombreux livres, des trésors de fou à monnayer et pour apprendre des choses. Bref après avoir chopé un flingue, des balles, une trousse à pharmacie bien cachée et un portrait magnifique du lieutenant, on est retourné détacher les fameuses cordes.
En remontant mode campement à l’entrée de la grotte et décision d’aller chercher le lendemain à trois, le radeau et mon matos.
Réveil stressant à cause de l’attaque d’une vingtaine de blattes/cafards.
Fuite car les bêtes étaient trop nombreuses mais le tireur à l’arbalète a tenté de quand même les toucher avant de comprendre qu’il fallait fuir.
D’ailleurs ce mec, blessé la veille et qui a passé sa journée à fabriquer du très beau matos, n’a pas un seul muscle, ça fait peine à voir. J’vais devoir le surveiller car il prend des décisions… opposés à ma logique on va dire…

On a poussé de nuit vers ma maison après leur avoir fait comprendre que camper ici alors qu’on était poursuivi par une trentaine de bête était une idée débile, j’vous laisse deviner qui l’a eu…
En plus le militaire a pu voir un gros essaim de bestioles vers leur camion alors ça a donné un p’tit coup d’pouce pour qu’on avance jusqu’à chez moi.
On s’est posé, on a soigné le tireur et puis j’ai sorti ce qu’on allait mettre sur le radeau pour notre départ laisser aux soins d’IGOR le fait d’accrocher tout ça aux mieux.

Le problème c’est qu’à un moment un bourdonnement constant s’est fait entendre et l’essaim vu auparavant se rapprochait à pleine vitesse ! Ni une ni deux j’ai fait rentrer tout le monde, imposant le silence et l’immobilité pour avoir une chance de survivre. Ca s’est bien passé, heureusement, même si on était serré là-dedans avec tout ce monde. Ma cahute par contre… triste à dire mais elle a vraiment pas aimé. Des bestioles ont gratté, tapé et j’en passe avant de s’éloigner. Dès que j’ai vu ça j’ai pris un peu d’temps pour réparer les plus gros dégâts et v’la qu’un des gars me dit que ça sert à rien c’que j’fais ! Alors oui on doit partir, plutôt loin, mais ici j’avais une vie plutôt calme et « toujours avoir un plan B » comme disait Alexei « fait toujours vivre deux fois plus longtemps ».

La veille on avait laissé, difficilement je l’avoue mais c’était la meilleure des solutions, l’autre collègue à la boule à zéro, dormir seul dans le bunker. Espérant qu’il était vivant, que la nuit lui avait porté conseil plutôt qu’il soit mort de façon horrible, seul dans le noir… je suis donc reparti avec le chien et les jumelles d’un de mes nouveaux collègues pour le trouver.

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GO WEST

Paco raconte…

On était prêt, le radeau, la nouvelle équipe, et pourtant après seulement deux heures de marche on est tombé sur un gars bradssusbradssous avec son frère d’armes.
Un duo : l’un portant bravement son ami tout en tombant à chaque pas dans la tourbière où il était obligé de marcher pour s’éloigner du Nord-Ouest, l’autre à moitié conscient, claudiquant et clairement une proie facile dans mon viseur.

On monte un plan rapide.
On se cache tous et on laisse le kamikaze au milieu pour qu’ils tombent sur lui.

Le kamikaze, j’crois bien que j’vais l’appeler ainsi maintenant. Ce gars dit qu’il veut leur piquer leurs objets dès qu’il les aperçoit et quand on parle de quelqu’un qui doit faire l’appât et récolter des informations sur eux, il dit être le plus « social » du groupe… bref on lui laisse sa chance même si les autres qui le connaissent voulaient pas trop et là, une fois tout le monde en guet-apens, il sort un crâne de son sac pour le poser devant lui et commence à lui parler.

J’ai pas pigé, ça doit être un truc qui se faisait à l’époque ou dans sa communauté d’avant mais, parler à un crâne moi ça m’fait flipper !

Ni une ni deux le maître de la muscu est sorti de sa cachette ce qui a bien fait baliser les nouveaux venus et puis ils sont tous sortis. J’ai préféré surveiller les environs et garder Igor et le radeau caché. Dans ce monde, s’il y a bien un truc que j’ai compris c’est qu’il faut toujours rester sur ses gardes et avoir un plan B. Et puis… j’ai appris à vivre avec Igor mais sa tête n’a jamais plû. En tous cas je sais pas pourquoi mais j’ai l’impression qu’avec ce groupe même quand il y a un plan ça va jamais se faire de « A à Z » comme disait la vieille Maggie. Ca va être dur de gérer tout ça, surtout dans des situations dangereuses mais bon maintenant j’suis là.

Les gars viennent du Nord, c’est des Anglais, ils portent une étrange tenue de protection car elle laisse pas du tout la possibilité de faire des mouvements, et vivent apparemment dans un des derniers sous-marin sur la côte. Les Russes peuvent pas leur tomber dessus car ils sont protégés par les moustiques d’une taille énorme d’après leurs infos et, chose plus importante, ils sont venus chercher du matériel électronique pour aménager un bateau et remonter vers leur pays. J’ai pas tout pigé mais je leur fais pas confiance.
En fait je sais pas quoi penser.
D’un côté ils racontent beaucoup de choses qu’on peut pas vérifier alors que, d’un autre côté, le survivant a clairement dit que sa communauté ne pourrait PAS nous prendre. Il l’a expliqué plusieurs fois pour être bien clair et je crois que c’est bien de le préciser. Il aurait pu nous arnaquer en mentant jusqu’à l’arrivée là-bas.

On a ramené le blessé à ma cabane et il n’a pas tenu longtemps. Mes nouveaux alliés sont de réels bouchers sans… compétences. Ils ont tout préparé pour lui couper la jambe et ça a mal terminé même si je n’ai pas voulu voir ce qu’il se passait ; les résultats sont là.

Note pour l’avenir : ne pas se laisser blesser

Ma cabane est maudite maintenant et on pourra pas vivre là-dedans dès à présent.
Il faut que je tire un trait là-dessus même si je pensais avoir réussi.

Il fallait manger, boire, et repartir loin.
On a donc pris la jambe pour faire un appât avec le kamikaze et à un peu plus de 3h de marche au Nord on est allé chasser. Et bien après un nouveau essaim d’une quinzaine de guêpes qui bougeait d’une manière très étrange… comme si elles étaient dirigés par quelque chose, comme « téléguidées »… une bien belle salamandre est venue renifler le piège. Elle s’est très vite désintéressée mais en s’éloignant elle m’a donné l’ouverture pour se prendre deux balles. Va falloir que je fasse de plus en plus gaffe à mes munitions d’ailleurs, la prochaine fois que je tombe dessus faut que je les réserve. C’est bien beau d’aller chasser pour tout le monde mais une salamandre comme ça pour Igor et moi ça aurait fait plus de trois semaines.

On a ramené ça comme on a pu, le petit a montré ses talents de cuisto après que j’ai pu ramassé un maximum de mucus pour créer de l’anti-moustique ; comme faisait les gens du village avant sauf qu’on a bien vu que c’était trop risqué à la cabane et on s’est fabriqué des protections personnelles.

L’Anglais nous a montré comment aller sur la structure que j’avais déjà aperçu qui n’est autre qu’un tank.
Des russes montaient la garde avec leur kalachkakof ou j’sais plus comment ils appellent ça mais en étant patient et avec un bon plan on a pu leur tomber dessus sans problème. L’un d’entre eux est parti pisser tandis que nous faisions deux groupes pour les encercler. J’ai fait un signe à l’Anglais pour qu’il allume un feu et que la fumée puisse distraire nos proies. Une fois bien posté avec LE CHIEN pour me sécuriser, mes alliés ont avancé discrètement dans leur dos mais un russe s’est retourné alors j’ai du ouvrir le feu et casser l’effet de surprise.

Bon, on y est… maintenant il va falloir voir ce qu’on peut récupérer dans c’truc de guerre et déguerpir AU PLUS VITE car les coups de feu ont dû en alerter plus d’un !

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BONS BAISERS DE RUSSIE

Paco raconte…

La structure rouillée était à nous.
Les deux sentinelles n’ont eu le temps que d’pisser un coup et, par contre, après ça on a perdu beaucoup trop de notre journée pour arriver à sortir les fameux pistons du tank. Bon, j’avoue, je me suis bien remboursé avec les balles des soldats donc ça valait le coup…

Revérifiant la situation et la meilleure voie d’accès pour retrouver la communauté du sous-marin, il y eut une révélation de WEST.
C’gars là a bien expliqué qu’il fallait des tenues spécifiques pour parvenir à sa planque MAIS SURTOUT que même si on les a putain’d’bien aidé, leur boss ne nous laisserait peut-être même pas entrer pour discuter.
Abîme ou gouffre, je sais plus le terme qui convient mais j’ai eu l’impression de plonger dans la tourbière des marais. « Tout ça pour ça » était la phrase qui revenait en boucle dans ma tête. J’ai quand même entendu, pendant que WEST s’excusait en flippant qu’on ne l’accompagne plus et que le kamikaze l’insultait de tous les noms, que pour rentrer dans leur campement il fallait marcher dans l’eau puis plonger et s’enfoncer afin de ressortir sur une trappe sous-marine.
En gros, on oublie quoi.

Moi maintenant, tout ce qui m’intéresse c’est les fameuses carcasses de bateaux le long de la côte.

Résultat des courses une fois la tension retombée : On part plein Nord en direction d’un point de trade à mi-chemin entre le village des adaptés de la salamandre et leur base d’anglais.

On arrive sur les lieux.
Endroit sec et parsemé de roseaux donc pas mal pour se reposer quelques heures avec comme idée d’aller dès les premières lueurs du jour vers la mer.
Ben pose le camp avec l’aide de son apprenti tandis que les autres lancent la popote. Un peu parano et puis LE CHIEN aide vraiment à faire ça bien, je vais vérifier les alentours.
Direct.
A peine trois petites minutes après notre arrivée.
A moins d’un kilomètre de là où je me trouve, dans le crachin, je distingue des flash lumineux qui ressemblent clairement à des signaux de communication.
LE CHIEN a vu lui aussi et le militaire en voyant que je tique sur quelque chose s’approche et me demande ce qu’il y a au moment même où je perçois, à pas plus d’une centaine de mètres un bâtard de russe qui répond aux signaux à l’aide d’une torche.

Je montre la proie.
Mon allié bien plus apte à se fondre dans les marais sans un bruit entame sa progression pour choper l’étranger tandis que je reste à moins de 30m de lui, derrière lui, pour l’épauler en cas de coup dur avec mon vieux pétard que j’aime.
Il lui tombe dessus et prend l’avantage rapidement avant de me faire signe de le rejoindre. Rien à l’horizon, je fonce, on le ficelle, la bouche comprise et on le ramène en galérant.

Personne à part WEST ne parle le russe. Torturer et tout c’est pas mon truc alors je grignote de vieilles racines en faisant passer le tout avec de l’eau et je retourne surveiller.

Je ne sais pas ce qu’ils ont obtenu comme informations.
Ca n’a pas trop crié et c’est le principal pour pas se faire remarquer.
La nuit est bien présente et j’y vois pas à plus de 20m à moins de forcer.
Une lumière apparaît au loin, d’abord petite puis grande avec un son de véhicule.
Comprenant que c’est bien de la direction des premiers signaux je patiente jusqu’à être sûr de ce qui arrive avant de « faire un rapport » comme disait Mendala à la chasse aux moustiques.

Aucun doute sur la provenance de ce gros camion qui éclaire à l’aide de grands phares. Je rentre, je préviens, et on met en place un plan de guet-apens car aucune possibilité de fuite.

Kamikaze allume un feu à 100m du campement pour que les russes se dirigent là-bas.
Les tireurs se placent de chaque côté et visent les phares tandis que Ben, l’apprenti, WEST et surtout Igor et le radeau restent cachés au camp.

Les premiers coups de feu me donne le signal pour entrer en scène mais le stress, la fatigue, ce bout de racine coincé dans la gencive depuis plus de 10min ou la situation me font rater mon tir.
L’ennemi est prévenu et s’arrête mais on a le temps de briser trois phares sur quatre avant que des soldats sortent pour nous canarder.
Feu nourri je crois que c’est le terme mais bref ce fut la guerre, la vraie, tout se passa si vite et, finalement, pour un résultat hors du commun : la fuite du buggy de combat russe.

Leur véhicule est immense.
Quatre roues de la taille d’un homme avec une échelle pour grimper sur la carcasse et des trappes un peu partout pour sortir rapidement. Une tourelle défensive montée à plus de 10m de haut, quasi impossible à toucher et pourtant… Un de mes alliés a eu le tireur pendant que ce dernier s’occupait de cribler de balles un bosquet.
Ils ont fui et même si j’ai essayé de toucher un endroit en hauteur où je pensais qu’il pouvait y avoir un conducteur : NIET.
Aucun effet.
Même pas de la fumée ou un truc important cassé ; ils doivent avoir un blindage.

On s’est retrouvé au camp.
Trois russes au sol plus un rescapé en piteux état.
WEST ainsi que Ben envolés.
Les cadavres portaient de nombreuses munitions et un livre, un truc bien rare à revendre si je sors vivant du bousier dans lequel je survis.
D’ailleurs kamikaze est devenu encore plus étrange à sa vue et je pense pas qu’il mente
pour s’approprier mon bien en disant que ça appartient à sa fille. Faudra qu’il me prouve que c’est bien son écriture mais c’est pas le moment…

On doit se remettre en marche…

Quitte à rentrer à la structure bunker…

Mais quand j’y pense, les russes, étaient pas si nombreux et entre la guerre avec les anglais, le tank, l’éclaireur, les 4 du camion; ils doivent plus être si… forts.

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LE PORT

Paco raconte…

Le combat contre le camion russe terminé la nuit n’a pas pu porter conseil car trop courte.
Le jeune Charles a pu prendre le premier tour de garde et, au petit jour, quelques heures après quand tout le monde ronflait et que j’allais enfin m’endormir, il est venu me chercher.
« Il y a un groupe de gens au loin, des formes, plusieurs, vient vite voir! »
Effectivement un groupe de marcheurs se dessinait au loin côté Nord en direction de l’Ouest. Plusieurs, en fil indienne, prêt à marcher longtemps apparemment. Je suis parti à leur rencontre en renvoyantle p’tit gars réveiller Rael, le seul en qui j’ai vraiment confiance pour le moment.

Arrivé devant eux, mainsl’air, j’ai sorti un bocal de mucus et l’ai poé au sol en guise d’échange. L’un d’entre eux est venu me voir, sur ses gardes comme tout le reste de leur groupe. Des chasseurs du village de la salamandre aux yeux vifs et à la posture droite prêt à sauter sur le premier ennemi, un vieux, certainement l’ancien chef du village et des femmes et des enfants. Il ne parle pas ma lanhue mais les gestes, les dessins au sol, ce que je sais faire demieux « marchander ».
J’ai troqué ma maglight contre le fait qu’ils attendent mes alliés jusqu’à midi et qu’on fasse le trajet ensemble, vers l’océan, plein Ouest, histoire de découvrir ce qu’est la communauté que l’ancien m’a décrite. Si j’ai bien tout compris il y aura de gosses structures protégées par un nuage qui repousse les insectes bref, à l’écouter le paradis. Deal c’est deal et l’un des chasseurs m’a quand même offert des balles de 7.62 contre la lampe. Effectivement ls n’en ont pas besoin mais j’ai plus que gagné au change. Il n’y a plus qu’à espérer que j’ai bien compris.
En rentrant au campement j’ai pressé tout le monde car l’occasion ne devait pas être ratée et puis, il fallait bien un but à ce groupe. N’ayant pas de leader, ayant essuyé l’assaut des russes on devait « ressortir la tête de l’eau au plus vite » comme disait le vieux Jack dans ses seuls moments de conscience avant de prendre une nouvelle doses des plantes des marais auquel il était devenu accroc.

Les nomades de la salamandre ont tenu parole. Ils nous ont attendu, ont eu un peu peur d’IGOR car il impose autant qu’il ressemble aux russes mais ont accepté le groupe car « deal c’est deal ».
La route fut longue mais l’océan est apparu: une grande marre grise.

Arrivant à la porte Sud du Port puisque c’est comme ça que le lieu s’appelle on a croisé au bord de la route aménagée une vieille femme tirant un radeau dans le canal. Elle a très vite pris la fuite mais ce qui m’embête c’est que je ne sais pas pourquoi. La peur de la nouveauté, la taille d enotre groupe, nos armes apparentes ? Je ne le saurai peut-être jamais.

La communauté semble isolée.
Les gars de la « milice » sont aussi peu délicats qu’intelligents d’après nos premières observations. Le village, une belle structure munie de rempart mais sans porte, est immense pourtant peu de gens circulent en son sein. On a rencontré le chef appelé « le maire » après une longue attente. Il nous a pas mal debriefé sur les lieux, son histoire et ce qu’il se passe en ce moment. L’homme est gras, un ancien mec solide qui lache son desespoir dans l’alcool à la manière du vieux Jack, et va certainement bientôt lacher prise. Les points importants qu’il ne faut pas que j’oublie et sur lesquels il va falloir travailler si on reste par ici sont:
-Le village est en bord de falaise et le groupe de FRED appelé « les marins », ancien meilleur ami du maire, repoussent sans cesse les attaques de gros crabes.
-De son côté le maire gère plus ou moins la milice du coin qui se compose d’une quinzaine de gars armés mais avec seulement deux armes à feu dans leur attirail. On a d’ailleurs été enrôlé là-dedans quand il a su qu’on avait eu une demi-douzaine de russe. Le deal pour l’intant c’est que je me suis séparé d’un des FAMAS contre le fait de rester chez eux une bonne semaine afin de voir si on prend nos marques ou si on se casse.
-La fumée dégagée par la structure d’usine et les plantes carnivores longeant les murailles sont créées/entretenues par les « ECO », un groupe de scientifiques ne sortant jamais de leur lieu de vie, mais seul ECO2 sort de temps en temps pour discuter/osculter/soigner et je ne sais pas pourquoi. A cause de la fumée qui irrite la gorge et rend peut-être idiot à long terme ? pour ne pas récupérer les maladies des gens du village ? parce qu’à l’intérieur de leur batisse les réserves sont plus que suffisante ?
-Avant que le maire arrive il y a eu une infection, dont on a aucune information, qui a massacré plus de la moitié de la population. Il a sous entedu que certains crabes étaient toxiques et donc déconseillés à la consommation; comment le sait-il ?
-Les rumeurs circulent comme quoi les russes arrivent de l’Est et ne laissent aucune chance à ce qui se trouve sur leur passage. La population a peur de ce qui va arriver, voilà peut-être pourquoi on inquiète les locaux. De plus il a eu du mal mais nous a raconté qu’avec cette rumeur 6 de ses miliciens sont partis du jour au lendemain avec leur matos tenter leur chance ailleurs.
-Le point qui me paraît le plus important c’est un personnage réputé du lieu: la vieille. Cette rescapée de l’épidémie est ici depuis plus longtemps et sait TOUT ce qui s’est passé. Ca ne semble pas être quelqu’un ayant perdue la tête puisqu’elle soigne les habitants grâce à ses connaissances sur les plantes alors… il faut que je la vois au plus vite.

Bon, là, on est sur les rotules. Tous sans exception.
Alors on a un lieu safe pour dormir et même si de nombreuses choses pressent et pèsent sur notre avenir, c’est l’heure du « repos du guerrier » comme disait Malek, le plus grand chasseur de mon ancienne communauté. S’il était encore vivant… jaurais tant pu apprendre de lui sur les plantes, les différents remèdes, les créatures qu’il faut connaître et la façon de survivre dans les marais… personne ne le croyait quand il expliquait qu’avec un élevage de larves des moustiques on pourrait survivre des années sur les lieux. Il disait que monter une communauté est le premier pas avant de retrouver l’Humanité perdue et que, pour que ça marche, il fallait un leader qui prenait des décisions à l’aide des conseils de chacun et une production de nourriture assez conséquente.
Tiens, il y a pas mal de cendres dans les coins de ma chambre. Ils ont dû cramer tout ça pour désinfecter la zone après l’épidémie. Je le note, ça paraît idiot mais si quelqu’un un jour peut lire ces mots, il comprendra qu’avant de chercher la cause des cadavres retrouvés il lui faudra brûler son lieu de repos.
Mourir… Ouai… Un jour ça arrivera. Je préfère de loin une balle de russe dans la tête plutôt que l’infection après une morsure ou pire. Cet enfant nomade de la salamandre qui s’est fait attaquer le pied avant notre arrivée au village est quasi tombé inconscient avant que Rael abrège ses souffrances alors que, le guerrier, celui qui s’est fait trouer l’épaule… eurkkk un amas d’oeufs et de larves a dû être pondu à l’intérieur de lui au moment de l’impact. J’ai bien vu en ouvrant un de ces frôlons qu’ils étaient remplis. Le chef a d’ailleurs très bien réagi. Quand je lui ai fait comprendre qu’il y avait un risque de gestation il a tout de suite abandonner le corps.

Si ça foire ici, si mes alliés veulent partir vers une voix qui me déplait, je pense que j’essayerai de retrouver ces gars là…

08_village

Les survivants
Ben

Ben le survivant

D’aussi loin que remontaient ses souvenirs, Ben avait toujours vécu au temple. Sous la tutelle de Ryuken, le vieux maître, lui et ses trois frères ainés étudiaient les arts martiaux.
Ils n’étaient pas vraiment frères et cela se voyait au premier coup d’œil, mais ils se considéraient néanmoins comme tels.

Ben était le moins assidu des quatre enfants. Il se demandait souvent à quoi pouvait bien servir de se lever tôt, de répéter les mêmes gestes inlassablement, d’endurcir son corps et de simuler des combats à mort contre ceux qu’il aimait le plus au monde. Pourquoi ne pas simplement profiter de la vie qui s’offrait à eux ?
Il est vrai que le temple était à l’abri des fléaux qui s’abattaient sur le monde. Perdu dans le Morvan, la vieille mais solide bâtisse résistait infailliblement aux assauts du climat, de la végétation et de la rare vermine qui s’aventurait sur les hautes collines. Une eau pure coulait en abondance non loin de là. Pour qui savait s’y prendre et était suffisamment patient, il était facile de trouver de quoi se nourrir dans les rivières et les maigres bois aux alentours.
Ben s’était d’ailleurs rapidement aperçu qu’il était fait pour la pêche. Il aimait se tenir debout, les yeux perdus dans le bleu de l’eau, immobile, laissant sa ligne se mouvoir au grès du courant, prêt à agir quand un poisson mordrait à l’appât. C’était pour lui un mélange étrange de sensations, et quand il tentait de qualifier par des mots son ressenti, seules les paroles de Ryuken semblaient adéquates.
« Solide comme le roc, souple comme le roseau, fluide comme l’eau. »
Mais le vieux maître n’employait pas ces mots pour qualifier la pêche, au grand regret de Ben.

A plusieurs reprises le jeune garçon avait ouvertement questionné la nécessité de la pratique des arts martiaux. Il avait attendu pour cela le moment qu’il savait le plus propice à ne pas éveiller le courroux du maître, à savoir la pause entre les corvées et l’entrainement au cours de laquelle ils prenaient leur repas de midi.
A chaque fois, le vieux maître recevait en même temps qu’une assiette bien garnie une question insolente. A chaque fois, sa réponse fut la même à quelques variantes près, dans le style lapidaire qu’il affectionnait.
« Je suis l’actuel héritier d’un art martial secret deux fois millénaire, le Hokuto Shinken. Il est dit que lorsqu’un grand trouble s’abat sur l’humanité, l’héritier du Hokuto doit se révéler et montrer la voie du salut aux hommes. Je suis trop vieux pour jouer ce rôle. Il va être temps pour moi de céder ma place d’héritier, et vous avez été choisis pour être candidats à cette succession. »
Puis, après un rire dont l’origine échappait aux jeunes gens présents, il ajoutait : « A la fin, il ne peut en rester qu’un. »

Ainsi les garçons vécurent ensemble, devenant jour après jour plus forts, découvrant les secrets du combat accumulés par leurs ainés depuis 2000 ans.

Leur tranquillité prit fin un jour d’été. Les jeunes hommes retournaient chez eux, chargés de victuailles trouvées dans les environs et riant en pensant au repas qui les attendait, quand ils virent Ryuken allongé de tout son long sur la cour du temple. Ils laissèrent tomber leurs fardeaux et accoururent auprès de leur maître.
Il respirait à peine. L’aîné des frères plaçait ses mains sur les points vitaux du vieillard et se préparait à le ranimer quand celui-ci ouvrit alors les yeux. Jamais ils ne virent son regard plus brûlant qu’à ce moment précis. C’était les yeux du jeune homme que Ryuken fut un jour, les yeux d’un guerrier invincible, deux billes du noir le plus profond qui étaient plongées dans un visage centenaire.
Il prit la parole pour la dernière fois.
« Le temps est venu pour vous mes enfants. Il ne peut y avoir qu’un seul héritier. Vous devez vous départager. L’héritier seul devra parcourir les terres désolées et rencontrer les hommes. Il doit les guider, leur apprendre à souffrir aujourd’hui pour être vivant demain. Qu’il soit juste comme je l’ai été envers vous. »
Un dernier sourire apparut sur les lèvres du mourant, puis, chose impensable pour les jeunes hommes présents, des larmes coulèrent le long des joues parcheminées. Ainsi mourut Ryuken, dernier héritier de son art martial.

Les frères ont ensuite enterré leur père adoptif sans mot dire.

C’est après des heures d’un froid silence au sein du temple que l’aîné prit finalement la parole. Ben avait peur car c’était son aîné qui respectait le plus rigoureusement l’enseignement de Ryuken. Il s’attendait au pire.
« Ryuken aurait voulu que nous nous départagions une dernière fois pour savoir qui de nous quatre était le véritable héritier. »
Hochement approbateur de la part des frères. Quelques secondes de silence s’écoulèrent. Tous savaient que l’aîné était le plus fort, que c’était lui l’héritier légitime.
Celui-ci se leva et se déplaça vers une des larges fenêtres de la façade du temple. Son imposante carrure masqua la chiche lumière du soleil. Il se retourna lentement. Le visage d’habitude jovial de l’aîné était transformé par le chagrin, et alors que les yeux des frères s’habituaient à la pénombre nouvellement créée c’est avec stupeur qu’ils virent les traits de Ryuken apparaître et s’affirmer de plus en plus sur la face de leur aîné. Leur sort était donc scellé.

« Je refuse de me battre contre vous. »

Il retourna s’assoir auprès de ses cadets sous le choc.

Le Hokuto Shinken des traditions ancestrales était donc mort. Des quatre frères, trois resteraient au temple et parcourraient régulièrement les environs, prêts à offrir un abri et une éducation martiale aux âmes volontaires rencontrées sur le chemin. Leur proposition serait souvent accueillie par de la méfiance, mais les plus jeunes et les plus vulnérables se laisseraient parfois convaincre et s’ajouteraient aux rangs toujours plus croissants des pratiquants.

Ben décida quant à lui de partir à la découverte du monde. Bien qu’il aima d’un amour sincère ses frères, il était aussi animé d’un désir profond d’autonomie et d’accomplissement personnel. Il n’en avait aucunement conscience mais il portait au plus profond de son cœur les stigmates d’une enfance trop courte, dénuée d’amour parental, et c’est jusqu’à la fin de ses jours qu’il tenterait de s’affranchir de son passé tout en le reproduisant inlassablement.

C’est dans l’irrespect total des enseignements originels que la prophétie du Hokuto finit cependant par s’accomplir. En 2173, les hommes et les femmes de la Famille du Hokuto pacifient la France.
En 2225, Grand Exode du Hokuto. Les plus puissants maîtres décident de transmettre leur savoir par delà les anciennes frontières.
En 2286, toute l’Europe de l’Ouest est débarrassée de la vermine par les pratiquants des arts martiaux.
En 2403, fin de l’Apocalypse. Après des siècles d’efforts, l’humanité toute entière sort victorieuse de sa lutte contre son ancienne nature. C’est sur des bases de générosité et d’abnégation qu’une nouvelle ère commence.

Hamlet
Paco

PACO

Un homme qui paraît jeune, sec mais un peu musclé.
Ses yeux cherchent constamment quelque chose ou alors c’est… c’est plutôt comme s’il observait TOUT ce qu’il se passe autour de lui. Il a la main sûre enfin, les pieds quoi car à sa façon de marcher on dirait un chasseur, presque comme son chien.
Ouai ! C’est ça en fait ! Il a les mêmes postures : la démarche, la patte qui reste en l’air sur le qui-vive, la tête qui tourne lentement et les oreilles plus que connecté.
Il porte une étrange tenue qui, d’après lui, permet d’être quasi indétectable aux sens des insectes car il explique que ces derniers peuvent sentir l’odeur de la peau à 10km alors que leurs yeux ne permettent de voir qu’à 1m50… Un bric à brac est attaché sur lui comme s’il pouvait vendre n’importe quel objet rapidement et il dispose de bonnes paires de chaussures avec des protections pour les marais.

PACO n’est pas un salaud, c’est ce qu’il se répète souvent plusieurs fois d’affilé dans sa tête lorsqu’il est obligé de faire quelque chose de difficile…

Ouai, le monde est comme il est et faut arriver à accepter que LA LOI DU PLUS FORT est plus qu’en vigueur ; créant autant d’inégalités que d’horreurs.
Il va falloir se battre chaque jour pour accéder à la meilleure place et ceci n’est pas possible seul.
Pour lui, par contre, la fin ne justifie pas les moyens et si on pense qu’il y a « peut-être » une autre solution faut s’lancer mais pas attendre 500 ans de la trouver.
C’est un esprit vif qui a appris à peser le pour et le contre au plus vite de façon à pouvoir agir encore plus prestement selon sa décision ; qu’il aura jugé bonne bien entendu.
Du sang froid il en faut et il en a !
Mais à côté de ça il reste quelqu’un de prudent.
Il ne fera pas d’effort pour rien, ne dépensera pas quelque chose objet/réserve/force pour rien.

Il peut pourtant s’emporter sur certaines choses et vous l’apprendrez très vite :
1-la maltraitance du genre féminin
2-le mensonge au sein d’une communauté
3-les réelles tempêtes avec rafales de vent et foudre qui le rendent totalement claustrophobe/survivaliste comme son fidèle « chien » ; c’est d’ailleurs peut-être du mimétisme puisqu’ils ont grandi ensemble.

SES OBJECTIFS :

– Apprendre et comprendre ce que veut la planète pour ne pas refaire une deuxième fois la même erreur que ses ancêtres.
– Recréer un élevage adapté au nouveau monde sans pour autant oublier l’humanité et les beautés qui ont pu être créées. Il avait presque réussi par ici mais manger presque chaque jour du moustique et vivre en poignée d’êtres humains n’est pas une finalité.

Igor

PJ_IGOR

Igor n ‘était autre que le leader d’un petit groupe de survivants s’étant installés dans les montagnes grâce à leurs compétences et matériels d’alpinisme. Ils ont pu vivre plusieurs années sans aucun souci jusqu’au jour où un nuage toxique est passé au dessus des monts pourrissant de ce fait toute l’eau des glaciers.
La migration a commencé et, en hermite depuis trop longtemps, la rencontre avec les restes d’humanité n’a pas été un franc succès. Ils ont découvert la guerre.

Il y eut plusieurs conflits car Igor savait discuter et en tant que bon orateur, ajoutant à ça son imposante carrure, il réussit à faire enrôler ses alliés chez les russes plutôt que devenir des esclaves sauf que… son idée était d’aider les personnes déjà prisonnières et usées jusqu’à la mort.
Il se passa quelques années avant qu’une occasion ne se présente et son frère, ses alliés et lui durent faire d’horribles choses…

Point historique :

2030 : En arrivant sur Bruxelles « l’armée russe » se confronta à de nombreuses défaites devant les Anglais
La guerre s’enlisa et se transforma en guerre de tranchée sur tous le Nord de la France et une bonne partie de la Belgique.
Le conflit s’est tari de lui-même faute de combattants exterminés plus par la vermine que par l’armée adverse.
Des groupuscules par-ci par-là ont continué à croire à ce combat (un peu comme certains soldats japonais isolés sur des îles du pacifique en 1945 qui 20 ans après croyait toujours être en guerre…)

2045 :
Parmi les tranchées Igor arriva à organiser une rébellion. Aucune faille visible sur le plan et pourtant tout fut percé dans l’œuf le soir même de l’exécution des ordres alors que tout le monde pensait s’unir et partir avec les Anglais… tout ceci s’arrêta en quelques secondes à cause d’un traître : son propre frère !
Ce dernier voyait une grande sécurité et une vie durable auprès d’être aussi violents et survivalistes que les russes et n’en avait que faire de la maltraitance des autres, au contraire… il avait été renrôlé, endoctriné et le temps, l’alcool, les meurtres avaient fait de lui un autre homme.

Igor fut trainé devant tout le monde « sur la place publique », après lui avoir soutiré sous la torture le plus de connaissances possibles, on le lobotomisa pour le transformer en esclave-jouet. Les russes espéraient utiliser son potentiel physique pendant encore des décennies. Son action disparut dans les limbes de la guerre car aucun livre d’histoire, aucune rumeur ne circule à son sujet.

2050 :
Une nuit, lors de l’attaque de son groupuscule russe d’un village d’adaptés vivant en harmonie avec les salamandres, il tomba dans la bataille alors qu’il n’était que transporteur et fût laissé pour mort.
Cette nuit là, tout s’arrêta…

Il se réveilla un instant, le temps de sentir son bras se mettre autour de l’épaule de quelqu’un et ses jambes, lourdes, tentées stabiliser son corps engourdi…
Il retrouva la vue rapidement et des bandages faisaient office de nouveaux vêtements tellement ses blessures étaient nombreuses.
Il arriva dans une petit bicoque et tomba net en voyant le lit.

Il dut apprendre les bases de la vie dans les marais.
Comment cet homme survivait avec des larves aussi juteuses que nourrissantes.
Comment son animal de compagnie réagissait aux différentes situations.
Sans pour autant tout toujours comprendre, Igor avait en tête la dette qu’il avait envers cet homme et son chien, il leur devait la vie.
Le temps passa, sa force physique ainsi que ses connaissances des marais furent un atout et la routine s’installa.

Igor n’est plus un homme mais il tente de l’être.
Il a de nombreuses cicatrices et elles ne sont pas toutes physiques :
_Sa mémoire lui joue des tours et son cerveau surchauffe lorsqu’il entend des coups de feu trop près de lui (moins de 10m) le faisant rentrer dans une rage bestiale de peur ce qui le fait souvent partir instinctivement dans la direction opposé au bruit maléfique.
_Des fragments lui rappellent aussi, lorsqu’il voit et/ou entend des rapaces, la force de la douleur reçut dans son jeune âge par une attaque de serres d’aigle. Il restera donc paralysé dans cette situation, en position de défense, tout recroquevillé sur lui-même.

Raël

Le feu de camp crépitait, projetant quelques ombres sur une assez courte distance et tandis que les flammes dansaient, les yeux verts de l’homme assis se perdirent tout à coup dans le vague.

Un autre feu de camp, bien plus grand et bien plus joyeux, voilà ce qu’il voyait à présent.
Un autre feu, une autre époque – il y a exactement 30 ans.

« Raël ! Viens vite !! Papa fait des brochettes !!
– Elise, combien de fois vais-je devoir te le répéter : mon nom c’est Raphaël, RA-PHA-ËL ! C’est pourtant pas bien compliqué à prononcer… même pour une demie-portion comme toi !
– Beuh ! C’est trop long, RA-PHA-ËL… et puis c’est moche aussi ! Moi, j’aime mieux Raël !
La petite fille secoua la tête pour appuyer ses dires.
– Allons, les enfants, pas de chamailleries, s’il vous plaît…
– Votre mère a raison et vous avez plutôt intérêt à l’écouter… sinon c’est moi qui mange toutes les brochettes !!
– AH NON HEIN !!!
Le père lâcha un petit rire, satisfait d’avoir mis tout le monde d’accord.

Mais le bonheur et la sérénité ne durent jamais bien longtemps et ça, l’homme de maintenant l’avait appris très vite à ses dépens. Les souvenirs affluèrent et il se força à les faire défiler en mode accéléré, comme il avait si bien appris à le faire, en s’entraînant pendant de longues années…
L’attaque de la communauté par une immense horde de pillards ;
L’exécution de tous les hommes et des quelques femmes qui faisaient mine de se rebeller ;
Son père abattu d’une balle dans la tête et sa mère égorgée – « les munitions sont précieuses, faut pas les gaspiller » ;
Sa petite sœur en larmes, finalement abattue elle aussi – « fait chier la môme à brailler comme un goret ! » ;
Et puis l’esclavage, la torture, toutes sortes de sévices et de châtiments, avec la cruauté et la sauvagerie pour seuls mots d’ordre.
Comment avait-il pu vivre ou plutôt survivre pendant tout ce temps ? Grâce à la seule faiblesse du chef de la bande : son goût prononcé pour les petits garçons…
C’est ainsi qu’il vit défiler les jeunes filles et les autres enfants dans les cages des pillards : ceux qui ne mourraient pas sous les coups et ne mettaient pas fin à leurs jours de leur propre chef finissaient toujours par être vendus ou échangés – mais pas lui.
Lui et ses beaux yeux verts étaient les favoris du boss, son trophée personnel et sa chose attitrée.

Cela dura un certain temps, quelques mois, peut-être même quelques années – le gamin avait perdu toute notion du temps.
Et ce n’est que lorsqu’une troupe militaire organisée attaqua à son tour le groupe de pillard pour le décimer que l’enfant vécut littéralement une renaissance.

L’homme en treillis était entré dans la hutte du chef des pillards sans s’être fait remarquer. Le gamin avait à peine vu luire la lame sortant de l’ombre : l’instant d’après son bourreau s’était effondré sans un bruit et nageait à présent dans une mare de sang.
– Ne crie pas, intima le militaire.
– Je ne vais pas crier. Je n’ai pas de raison de le faire.
La voix du gamin était posée tandis qu’il continuait de fixer le corps inerte à ses pieds. Cela surprit l’homme adulte.
Un autre apparut brièvement à l’entrée de la hutte pour annoncer :
– C’est bon, Steven : on a eu les derniers.
– Ok.
Le dénommé Steven se tourna vers le gamin :
– Les gens de ton village nous ont embauché pour qu’on libère les femmes et les enfants qui venaient d’être enlevés. On va te ramener à tes parents.
– Ce n’est pas mon village et on n’y trouvera pas mes parents : ils sont morts il y a longtemps, ils ont été massacrés par les pillards que vous venez de tuer.
– …
Le militaire ne sut quoi répondre.
Alors le gamin avait levé la tête, une lueur dans les yeux témoignant de son retour à la vie :
– C’est moi qui aurais du tuer ces porcs ! Je voudrais savoir me battre – comme vous, pour ensuite aider les gens – comme vous !
L’énergie nouvelle du gamin se propagea ensuite de ses yeux à ses membres et il se mit à donner des coups de pied au cadavre.
Le militaire marqua un temps d’arrêt, stupéfait par la détermination et le détachement si particulier de l’enfant face à la mort. Lorsqu’il reprit la parole, il crut toutefois bon de préciser :
– On trouve des salauds partout, ça c’est sûr… et ça fait toujours plaisir de botter un sale cul quand on en croise un ; mais ne va pas croire que ton pire ennemi est à tes pieds. Il y a dehors toutes sortes de choses aussi ignobles à combattre et crois moi quand je te dis qu’elles n’évoluent pas sur 2 pieds.
– Apprenez-moi quand même… s’il vous plaît.
Tandis qu’ils sortaient de la hutte, le gamin sentit la main du militaire se poser sur son épaule, en un geste rassurant – comme son père le faisait si souvent, auparavant.
– On va s’arrêter au village pour ramener les autres gamins ; si tu veux y rester, je suis sûr qu’ils t’accueilleront sans problème…
Une profonde déception s’afficha sur le visage du gamin…
– Par contre, si tu décides de venir avec nous, beh je suppose qu’il va falloir que je te présente aux gars… C’est quoi, ton nom ?
… immédiatement remplacée par une joie indicible qu’il s’efforça de dissimuler sous un air faussement calme, tandis qu’il hésitait à répondre :
– Ra… Raël. Je m’appelle Raël.

Zooloo

3 thoughts on “

Entre deux eaux

  1. C’est juste parfait d’avoir ça !
    Merci pour ton taf Cryofluid et je t’envoie dès que je peux la description de mon peso et son image ^^

  2. A chaque fis que je passe par là et que je lis la suite j’ai envie de continuer la partie… pourquoi on joue pas trois fois par semaine comme à l’époque étudiante… arggg on se fait vieux…

    • C’est vrai que vous passez un temps indécent à vous reposer dans cette petite bourgade portuaire.
      L’air marin et la chaleur des autochtones sûrement…

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